Le bois fait une percée dans l’habitat francilien

Ni l’urbanisation ni le prix du foncier en Ile-de-France ne font obstacles à l’attrait du matériau dans la construction. Bien au contraire.

Le bois dans l’habitat, comme d’ailleurs l’habitat bois proprement dit, séduit autant sinon plus les citadins des centres villes que les ruraux. Branchée, «tendance », la maison bois s’affiche désormais à la une ou dans les magazines des titres les plus prestigieux de la «capitale». Ce pourrait être une chance pour l’Ile-de-France, région la plus urbanisée de l’Hexagone.
Cependant le coût exorbitant du foncier qui constitue un frein à la construction de maison individuelle ne favorise pas le choix du bois. Ce matériau reste l’apanage de réalisations haut de gamme, sauf peut-être en très grande couronne, dans les zones où opèrent traditionnellement les constructeurs aux prix plus accessibles. Malgré ce handicap de taille, le matériau parvient cependant à tirer son épingle du jeu.

Habitat individuel et collectif

Dans le logement social francilien, par exemple, les techniques de l’ossature bois industrialisées ont trouvé un débouché. L’industrialisation des techniques de construction aidant, elles parviennent à s’imposer jusque dans la proche banlieue parisienne comme en témoigne le programme d’une trentaine de maisons réalisé à Saint-Maurice, dans le Val-de-Marne en 2004 venant après des opérations à vocation locative déjà initiées par Confluence Habitat en Seine-et-Marne.
Mais le bois n’a pas pour autant renoncé à ses prétentions auprès des particuliers. Contournant astucieusement l’obstacle du foncier, le matériau bois fait «une percée remarquable dans le tissu urbain sur le marché des extensions» selon l’expression de Philippe Breitner, délégué Ile-de-France du CNDB. Sur ce créneau, sa légèreté et ses qualités structurelles permettent à une nouvelle génération d’accédants à la propriété, plus éduqués et plus sensibles aux thèmes du développement durable, de réaliser leurs projets, à des coûts comparables voire inférieurs aux techniques traditionnelles. Facilité d’adaptation au bâti existant, créativité architecturale, rapidité de mise en œuvre et surtout, le confort accru et les économies d’énergie prévisibles sont autant d’atouts auprès des « bobos » dont les gazettes font leurs choux gras.

Chasser le naturel…

maisonparisCertes «ce phénomène est surtout important dans la mesure où il débarrasse définitivement le matériau de toutes ses connotations rurales et traditionnelles», précise Philippe Breitner. Mais cet effet sera durable dans la mesure où la multiplication des extensions et surtout des élévations en bois est aussi un facteur de renouvellement du paysage urbain, notamment en banlieue. Bref, la construction bois s’inscrit dans le paysage, incarnant désormais la modernité, au cœur même de l’utopie pavillonnaire.
Malgré l’intérêt de cette percée en termes d’image, il faut toutefois raison garder. Compte tenu du profil de la clientèle actuelle, celle des catégories socioprofessionnelles supérieures, son impact économique reste limité. Voire, quasiment nul pour les forêts régionales. Car comme Philippe Breitner le rappelle : «l’essentiel de la consommation de bois d’œuvre est encore destinée aux charpentes, parquets, lambris.» De plus, «avec un tissu industriel fort peu développé, les entreprises franciliennes sont encore loin de pouvoir traiter la production de ses forêts.» Ce que confirme Yves Matignon, dirigeant d’une scierie francilienne tournée vers l’emballage et, par ailleurs, pilier de la toute jeune interprofession régionale. «Compte tenu des coûts d’implantation pour nos activités, les capacités régionales restent effectivement réduites. Cela n’empêche pas l’exploitation normale des bois franciliens et leur transformation dans les régions limitrophes, Centre, Picardie, Bourgogne. »
À défaut de profiter aux forestiers et aux industriels franciliens, la vogue du bois en Ile-de-France pourrait offrir des opportunités à d’autres secteurs. En effet, si l’on en croit Philippe Breitner, «moins bien dotée en matière de transformation, l’Ile-de-France peut compter sur un nombre suffisant d’entreprises spécialisées dans la construction pour satisfaire la demande des maîtres d’ouvrages publics ou privés.» Avec toutefois, un bémol. «Il conviendrait de renforcer les capacités en matière de conception et de contrôle» car, avoue-t-il, «la région manque de Bureau d’études bois. »
C’est pourquoi l’interprofession régionale récemment constituée s’efforce d’évangéliser les architectes pour défendre les positions acquises. Réalistes, tous les professionnels savent que l’avenir du bois repose plus sur des enjeux sociaux et environnementaux que sur le potentiel des forêts franciliennes .

1 Comment on Le bois fait une percée dans l’habitat francilien

  1. Je dois surfer en ligne plus de 3 heures par jour, mais je ne trouve, en général, aucun article intéressant comme le vôtre concernant des projets en bois. Votre article vaut la peine, pour moi, d’être regardé par de nombreux auto-constructeurs dans le secteur du bâtiment. Personnellement, les maisons en bois sont l’avenir pour nos futurs logements écologiques et durables. désormais nous commençons même à observer se construire des bâtiments réalisé tout en bois. Et vous, seriez vous préparé à quitter le béton pour ce merveilleux matériaux ? N’hésitez pas à vous lancer sur notre site web singlehouse.fr dans le but de découvrir nos studios et bureaux indépendants.
    Constructions bois

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